Je me suis rarement senti aussi proche de l'accord parfait avec mon vieil ami Fabrice.

« [...] Au point où j’en suis, qu’advienne cet aveu choquant. Je ne supporte plus guère la glose sur le cinéma, sinon à petite dose, et procédant de quelques personnes que j’estime. D’autant qu’elle est devenue omniprésente, dans de multiples institutions et d’innombrables médias, et de façon encore amplifiée par le global village informatique. Non sans propos de qualité surnageant ici ou là, mais au sein d’un raz-de-marée dont j’évite qu’il me submerge. Il m’arrive régulièrement de me dire en mon for (mon faible) intérieur que le silence serait désormais la seule attitude juste. Car les films, oui, se suffisent à eux-mêmes. Et car le discours risque fort de noyer sous son béton la poésie des œuvres, s’il n’est pas soulevé par la passion amoureuse – c'est-à-dire: osé, voire transgressif, et cependant fragilisé, voire tremblant. (Ceci valant pour le mien, qui n’a pas été toujours ainsi vibrant.) »

Fabrice Bad Boy Revault, in Trafic n°100, hiver 2016, POL.