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Baby Face, Alfred Green 1933

Prostituée par son père, tenancier d'un tripot-distillerie, Lily finit par faire fortune, à renfort d'intrigues et de coucheries, dans la banque. Un film scandaleux, censuré à sa sortie. Et bizarrement porté au pinacle, trois quarts de siècle plus tard, par certaines "feministes" américaines.

Lumière : "Lily est une victime, victime des hommes et d’un père indigne qui a abusé d’elle. Elle s’affranchit à la mort de ce dernier, appliquant ce qu’un grand lecteur de Nietzsche lui conseille : prendre conscience de sa force et éviter tout sentiment. C’est ainsi, emplie d'une farouche détermination et d'un profond dégoût pour les hommes, que Lily arrive à New York. Sortie de la misère, prête à tout pour réussir, elle se vengera d’une société patriarcale qui ignore toute morale, en utilisant les hommes comme des barreaux pour escalader l'échelle sociale. Alfred E. Green métaphorise les étages de l’immeuble de la société où travaille Lily pour illustrer son parcours jusqu’au sommet. Avec un humour irrésistible, elle effectue son ascension en un battement de cils, affirmant, d’étage en étage, son élévation sociale et son pouvoir sexuel." La version primitive, non censurée, fut présentée il y a quelques années au festival du Film de Londres. Baby Face est enfin classé à sa juste place, parmi les cent meilleurs films de tous les temps, selon Time Magazine.

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