14 décembre 2009
Tous les jours, l'anniversaire de Paul Éluard
Paul Éluard, poète français
né à Saint-Denis (Seine) le 14 décembre 1895
Terrible Anna Karina, qui lit dans Alphaville
un extrait de Capitale de la douleur
Ta voix, tes yeux, tes mains, tes lèvres.
Nos silences, nos paroles.
La lumière qui s'en va, la lumière qui revient.
Un seul sourire pour nous deux. Pas besoin de savoir.
J'ai vu la nuit créer le jour sans que nous changions d'apparence.
O bien aimée de tous, bien aimée d'un seul, en silence ta bouche a promis d'être heureuse.
De loin en loin dit la haine, de proche en proche dit l'amour.
Par la caresse nous sortons de notre enfance.
Je vois de mieux en mieux la forme humaine, comme un dialogue d'amoureux.
Le coeur n'a qu'une seule bouche.
Toutes les choses aux hasard, tous les mots dits sans y penser.
Les sentiments à la dérive.
Les hommes tournent dans la ville.
Les regards, la parole et le fait que je t'aime, tout est en mouvement.
Il suffit d'avancer pour vivre, d'aller droit devant soi vers tous ceux que l'on aime.
J'allais vers toi. J'allais vers la lumière.
Si tu souris, c'est pour mieux m'envahir.
Les rayons de tes bras entrouvraient le brouillard.
13 décembre 2009
Le concert du lundi : Salmigondis, Marteau rouge, Lard Free
Le concert du lundi

bandes-annonces :
Lard Free, « Petit tripou du matin »
Salmigondis, in « Songs of praise », Radio Aligre, juin 2008
Marteau rouge (sans Evan Parker), Mulhouse 2007
[ mci Ph!l ]
08 décembre 2009
Kris Wanders Quartet à Bruxelles
Le Kris Wanders Quartet se produira demain soir,
mercredi 9 décembre, au Brass (1190 Bruxelles)
L'entrée sera gratuite. Le concert démarrera à 20h30 précises.
On entendra Kris Wanders (tenor), André Goudbeek (sax alto), Teun Verbruggen (percussion) et Peter Jacquemyn (contrebasse, voix)
~
Le fragment ci-dessus est extrait d'un concert donné le 13 mai dernier dans le cadre des Instants Chavirés, à Paris. Kris Wanders (tenor), Johannes Bauer (tb), Peter Jacquemyn (b), Mark Sanders (dms). Extrait de la présentation de Kris Wanders à l'occasion de ce concert :
L’histoire de Kris Wanders est pour le moins singulière.
Dans les années soixante, depuis sa Hollande natale, il fait partie des pionniers de ce qui deviendra la musique improvisée européenne. Partenaire de Fred Van Hove et de Peter Brötzmann (des témoins de l’époque affirment que le jeu de ce dernier doit beaucoup à Wanders), il est aussi membre du Globe Unity Orchestra.
Dans les années 70, il part s’installer en Australie, d’où, très vite, il cessera de donner tout signe de vie, à tel point qu’on a longtemps pu le croire disparu...
Et l’on ne saurait trop remercier les trois compères qui l’accompagnent ce soir d’avoir mis fin à ce long exil en le ramenant sur les scènes européennes.
L’occasion inespérée d’entendre enfin en live la monstrueuse puissance du souffle de ce saxophoniste tonitruant, magnifiquement épaulé par Johannes Bauer, véritable funambule du trombone, Mark Sanders au soutien rythmique aussi implacable qu’inventif et l’impressionnant Peter Jacquemyn dont la contrebasse tellurique a accompagné, entre autres, Peter Kowald, Ernst Reijseger, Daunik Lazro, Barre Phillips, Roger Turner, Joëlle Léandre ou Phil Minton.
06 décembre 2009
Magma, l'éternel retour
C'est un fait.
Extrait d'un concert à Paris, 2008.
Hier soir, Alhambra, Paris: Christian

Idem: Stella

Idem : les copains

(photos Thierry K.)
03 décembre 2009
On ne fera pas taire Antonio Tabucchi
Antonio Tabucchi est dans le collimateur du président du Sénat italien, un certain Renato Schiffani. Celui-ci lui demande en justice la somme exorbitante de 1.350.000 euros en raison d'un article paru dans L'Unita (lequel journal n'est pas poursuivi). Tabucchi est accusé d'avoir interpellé Schifani, personnage central du pouvoir berlusconien, sur son passé, ses relations d'affaires et ses fréquentations douteuses - toutes questions sur lesquelles il rechigne à s'expliquer. Ci-dessous (entretien vidéo déposé à Mediapart), l'écrivain décrit la situation, rappelle les faits. On trouvera çà et là, notamment sur le site de Mediapart un texte de soutien lancé à l'initiative de Gallimard.
[Merci à Didier]
01 décembre 2009
Hotties Reading 104

Gigi the Black Flower (par Josh Gosfield)
thanks Valentin
27 novembre 2009
Cent ans : James Agee
James Agee
James Agee est né le 27/11/1909, il aurait donc cent ans. En 1936, à l'âge de 27 ans, il écrivit un des livres fondamentaux du vingtième siècle américain. Louons maintenant les grands hommes (Let Us Now Praise Famous Men: Three Tenant Families): accompagné par le photographe Walker Evans, il y décrit la vie quotidienne de trois familles de paysans pauvres de l'Alabama au plus fort de la «Grande Crise» Critique de cinéma avisé (les recueils Agee on Film 1 et Agee on Film 2, qui nous ont été très utiles dans une vie antérieure, doivent encore traîner dans des garage sales de Vendée), Agee publiera encore quelques livres mémorables (dont Une mort dans la famille qui lui vaudra un Pulitzer posthume), autant de recueils de poèmes et une poignée de scénarios très alcoolisés, dont African Queen (Huston, 1951) et Night of the Hunter (Laughton, 1955). Il meurt censément d'une crise cardiaque dans un taxi new-yorkais, à 45 ans. Il avait tourné dans les rues de New York, avec ses copines Janice Loeb et Helen Levitt , un petit bijou qu'on vient de dégoter sur Y*T* (voir plus bas).
Louons maintenant les grands hommes s'ouvrait sur un poème
(admirablement traduit par Jean Queval):
Comment vous sans-logis de corde de guenilles
Le pain rare dans vos familles
Comment oui se défendre en des temps sans merci
De saisons donc commes celles-ci
Pauvres minables nus par où que vous soyez
Qui dans l'attente demeurez
Et attendez que tombe à flots l'orage éclos
Comment vos têtes et vos os
Oh bien trop peu j'ai su ce qu'il faut que je risque
Va-t'en va-t'en chez l'empirique
Turbine expose-toi harnache-toi mon vieux
Et montre plus cléments les cieux
et une citation que nous ne sommes pas près d'oublier :
« Prolétaires de tous les pays, unissez-vous et luttez. Vous n'avez rien à perdre que vos chaînes, et un monde à gagner. »
Santé !
19 novembre 2009
Glaz 59
C'est le 1234e (mille deux cent trente-quatrième) billet de ce blog. Belle copie !
18 novembre 2009
Chainsaw Maid, de Nagao Takena
J'ai trouvé ce petit bijou sur le nouveau site de l'Arenberg [ clic ]. Retitré La Bonne contre les morts-vivants, le film est réalisé avec de la pâte à modeler qu'on anime image par image. (En Belgique, où l'on ne fait rien comme ailleurs, les petits enfants appellent cela de la plasticine.) C'est un boulot colossal, d'autant que l'auteur a dû s'imprégner de George Romero et se taper un peu de Tobe Hooper, Sam Raimi et Wes Craven pour faire bonne mesure. Et il connaît Lynch: il a même piqué un thème de Badalamenti. C'est parfaitement révoltant. Comment peut-on laisser un jeune homme en plein possession de ses moyens (le réalisateur, Nagao Takena, semble avoir un peu moins de 23 ans) passer tout ce temps loin de ses livres de philosophie ? En tout cas, il était invité cette année au festival du Film d'Animation d'Annecy. Nous en reparlerons sûrement.
Je remercie naturellement Karo, et Valentin.
15 novembre 2009
Marcher vite pour vivre vieux
« Une étude menée dans la région de Dijon, sur 3200 personnes âgées de 65 à 85 ans, a montré que le risque de décès d'origine cardio-vasculaire était trois fois plus élevé chez les individus marchant lentement. Un résultat identique pour les hommes et pour les femmes, et indépendant de l'âge. Les auteurs de l'étude (Inserm) font l'hypothèse que les facteurs de risque vasculaire (hypertension, diabète) joueraient aussi sur les performances motrices. La vitesse de marche serait donc un prédicteur de la mortalité cardio-vasculaire à moyen terme, et sa mesure pourrait devenir un test clinique simple. » [British Medical Journal, trad. par Le Monde]
Les immortels Chuck Jones, Road Runner et Wile E. Coyote n'en ont jamais douté.
